
Pour mettre en marche le système nerveux parasympathique,
il est bon d’avoir quelques notions de son fonctionnement.
Les neurones de ce système se trouvent principalement
dans certains nerfs crâniens, comme le nerf vague qui v
ient du bulbe rachidien, et dans la partie inférieure de
la colonne vertébrale.
Les ganglions parasympathiques ne courent pas le long de
la colonne vertébrale mais sont localisés près des organes
sur lesquels ils ont une influence. Les impulsions venant
de ces ganglions réduisent le rythme cardiaque,
dilatent les vaisseaux sanguins, augmente le péristaltisme
et resserrent les passages d’air des poumons,
permettant ainsi au corps de ralentir et de se reprendre.
Comment pouvons-nous intentionnellement mettre en marche
le système nerveux parasympathique, et ainsi réagir au
stress et le réduire, sans l’aide de psychologue, etc.?
Nous pouvons le faire grâce à l’attention.
Lorsque nous sommes tendu ou stressé, notre attention -
contrôlée par le système nerveux sympathique - se concentre
automatiquement sur la cause de notre tension, sur les pensées
et émotions compulsives étant en rapport avec la tension,
ou encore sur des symptômes physiques particulièrement
déplaisants.
Ces réactions nous étriquent à un point tel que nous ne
voyons aucune autre alternative. Pour apprendre à relaxer
dans de telles situations, il faut apprendre à jouer avec
l’attention et à l’élargir afin d’y inclure les parties de
nous qui ne sont pas sous l’emprise de la négativité.
« Il suffit de fermer les yeux et de se syntoniser sur les
parties du corps avec lesquelles vous êtes le plus à l’aise.
Quand vous sentez cette aise dans un endroit de votre corps,
appréciez-la et laissez-la s’approfondir et se répandre
d’elle-même au reste de votre corps. L’aise, c’est bien
plus qu’une simple parole ou un état de paresse.
Quand vous plongez dans cette zone d’aise intérieure,
c’est que vous avez mis en marche le système parasympathique,
votre capacité naturelle à relaxer.
La respiration naturelle joue un rôle important pour
apprendre à se laisser aller profondément dans cette
aise intérieure et, par conséquent, pour apprendre à
se servir de la conscience pour harmoniser les fonctions
fortifiantes et dynamisantes du système nerveux.
Par ailleurs, comme la respiration naturelle vient
masser les organes internes et détendre notre dos,
elle a aussi un impact heureux sur les nerfs et
ganglions parasympathiques se trouvant dans ces zones.
Malheureusement, la plupart des gens ont de la difficulté
à se sentir de l’intérieur et connaissent mal l’ampleur du
conditionnement de leurs perceptions et de leurs comportements
à travers le filtre d’émotions comme la colère, la peur et
l’anxiété.
Nous sommes devenus tellement habitués à de grands niveaux
de stress et de négativité, que nous les considérons comme
l’état normal et que nous ne réalisons pas à quel point
notre santé et notre vitalité s’en ressentent.
Le bruit généré par ce stress rend presque impossible l’écoute
de l’intelligence quiète et innée de notre corps. Et quand nous
sommes incapables d’accéder à cette intelligence, nous empirons
la situation en recourant à des soulagements instantanés
sous forme de stimulations excessives : l’alcool, la drogue,
le tabac, la caféine, la nourriture, la sexualité, la télévision, etc.
Parfois, lorsque nous réalisons dans un moment de
clarté l’absurdité de la situation, nous essayons
de composer rationnellement avec le stress.
Malheureusement, notre mental a en lui-même peu de
pouvoir pour trouver des solutions efficaces, surtout dans
une société d’information qui inonde notre conscience de
nouvelles et d’images négatives en provenance du monde entier.
Ce qui en résulte, c’est encore plus de tension, un sentiment
d’impuissance et l’émergence de divers symptômes et maux
chroniques, nombre d’entre eux n’étant pas juste le résultat
du stress mais celui de la façon dont nous essayons de les fuir.
S’adapter aux effets du stress n’est pas une solution
Dans l’incapacité de solutionner avec efficacité notre stress
sous toutes ses formes, nous avons appris avec le temps à
composer avec ses effets. Certains d’entre nous, par exemple,
ventilent simplement leurs émotions négatives sur les autres,
surtout la colère, parce qu’ils croient que c’est bon pour eux.
Des recherches récentes laissent cependant entendre que la
ventilation de la colère nous met davantage en colère, pas moins,
et que cela augmente les risques pour la santé. Qui plus est, un
tel comportement transmet notre négativité aux autres, qui vient
s’ajouter à leurs propres problèmes.
L’expression des émotions négatives n’est cependant pas aussi
répandue que leur évitement. Il existe bien des façons de ne pas sentir.
Enfants, certains d’entre nous ont appris à se servir du monde des
fantasmes et du refoulement pour éviter de sentir la douloureuse
contraction qui se produisait quand nos parents ne nous acceptaient
pas tel que nous étions et nous voulaient à leur image.
Adultes, nous avons appris à ravaler nos émotions négatives et
à nous réfugier dans des émotions considérées comme plus positives.
Nous avons donc appris à refouler nos émotions dites négatives
pour fonctionner sur un mode que nous croyons raisonnable, un
mode basé sur l’image que nous voulons donner de nous.
Mais selon la loi scientifique de conservation de l’énergie,
l’énergie neurobiochimique de ces émotions ne peut être détruite.
Elle peut seulement être transformée. Et nous savons également
que, si nous y prêtons attention, cette énergie est souvent
transformée en énergie mécanique ou cinétique qui agit sans
que nous en ayons conscience sur nos nerfs, nos tissus, notre
structure et nos mouvements.
Le refoulement des émotions se manifeste non seulement dans
notre posture et nos mouvements, mais aussi dans les tensions
corporelles profondément enfouies, tensions qui sapent notre
énergie et minent notre santé physique et psychologique.
En apprenant à sentir ces tensions dans notre corps, nous pouvons
un jour ou l’autre face à nos plus inconscientes émotions de
colère, d’inquiétude, de peur, d’anxiété, de tristesse, etc.
L’objectif n’est pas de nous débarrasser de ces émotions dites négatives,
chose qui est impossible et peu souhaitable, mais de trouver le
courage d’en faire pleinement l’expérience, de les ouvrir et
de les exposer à la lumière impartiale de la conscience.
Du point de vue taoïste, lorsque nous devenons pleinement conscient
de nos émotions négatives sans les amplifier ni nous en défendre,
l’énergie neurochimique qu’elles activent en nous peut être
transformée en pure énergie de vitalité. Ainsi que les Taoïstes
le disent, « les nuages, la pluie et la foudre sont aussi nécessaires
à notre environnement que le soleil et le calme.
Sans un harmonieux équilibre entre ces deux aspects du temps,
la nature serait un véritable désert ». C’est donc par notre
respiration, et en particulier par la respiration naturelle,
que nous pouvons découvrir en nous cette dynamique harmonie.
La respiration naturelle, profonde et aisée, nous permet
donc de mettre en marche le système nerveux parasympathique
ainsi que le processus de guérison qui nous amène à devenir
de nouveau entier.

