vendredi 17 avril 2009

Comment gérer mes pensées‏

Ce qui devrait être ou aurait pu être sont les jouets préférés de la pensée. Vous ne pouvez être présent à vous dans ce qui devrait être ou aurait pu être. Cet exercice créera culpabilité, anxiété, angoisse et peurs entretenues par la pensée. Est-ce la pensée ou l’émotion qui donne un sens à notre vie?"La vie commence où finit la pensée. Pourquoi? Parce que vous êtes ensevelis de vos pensées. Elles vous traquent continuellement à tel point que l’anxiété et l’angoisse vous habitent plus qu’il le devrait. La pensée est le royaume de l’ego, de tout ce qui devrait être ou ne pas être. Elle voyage du passé au futur par l’intermédiaire du présent. Vous pensez actuellement et simultanément la pensée vous rappelle un moment du passé ou vous projette vers un moment à venir ou souhaité. La pensée est très présente en vous de manière à oublier ce qui est dans l’instant même et d’avoir le bonheur de ressentir ce qui est en vous. La pensée étant un acte mental, très rationnel, elle est en opposition à ce qui existe dans votre cœur et dans vos tripes. Vous faites une démarche de réflexion sur vous et sur ce qui vous entoure par le processus de la pensée, et là tout bascule. Car la pensée n’est pas présente. « La pensée est l’écho de la mémoire, de l’expérience du savoir, c’est-à-dire du passé. » La réflexion par l’utilisation unique de la pensée créera confusion, ambigüité. Je parle ici d’une réflexion d’un ordre de sentis et de ressentis en vous. La pensée est nécessaire sur un plan organisationnel de votre vie ou pour une réflexion théorique ou philosophique. Elle doit se limiter à ces aspects. Pour gérer vos pensées de manière à prendre conscience de ce qui se passe en vous, vous devez faire abstraction d’elles. Vous ne pouvez être en contact avec vous que par l’absence de la pensée. Le contact avec ce qui est en vous ne relève pas du passé ou du futur. Ce contact se fait dans le temps présent.« Le temps ne s’arrête que lorsque s’arrête la pensée. C’est au moment de l’arrêt qu’est le maintenant. » Ne vous demandez pas pourquoi, demandez vous comment ! Evitez à la fois les ruminations dépressifs et les distractions temporaires ! Ni combattre ni fuir ! Chaque fois que les sensations physiques et les idées noires se présentent, prenez la position d’un anthropologue curieux des habitudes de vie de son propre organisme. Les instructions sont simples : Assoyez-vous le dos droit, sur le bord d’une chaise, mains sur les cuisses, dans une position confortable et digne. Portez votre attention sur les sensations de votre corps en trouvant une images ou des mots qui décrivent le mieux la nature de ce que vous ressentez. S’il vous vient des idées ou des pensées, observez-en la nature. Laissez les dissiper, puis repérez simplement l’idée ou la pensée qui vient à sa suite. Ne les juges pas « bonnes ou mauvaises, notez les simplement. Quand vous remarquez que vous vous êtes laissé embarquer par un enchainement de pensées, ramenez votre attention sur votre respiration et voyez quel nouveau flux de pensées essaie de prendre la place au précédent. Il s’agit uniquement d’apprendre à faire l’expérience consciente de ce qui se passe pour vous ici et maintenant. Ne vous demandez pas pourquoi vous ressentez ce que vous ressentez, ni pourquoi vous pensez ce que vous pensez, concentrez vous uniquement sur comment. Comment au lieu de Pourquoi Tellement simple et pourtant tellement important.Si vous en doutez, imaginez simplement la différence entre un médecin qui vous demanderait :« pourquoi avez-vous pris trois kilos ? » et celui qui aborderai le même sujet par : « Comment ressentez vous votre corps maintenant ? » C’est la différence entre le sentiment d’être jugé et d’être écouté. Poser la question de « comment », c’est offrir une forme de bienveillance qui ouvre la porte de l’intimité. A l’université anglaise de Cambridge, le professeur John D. Teasdale a démontre que les patients ayant eu plusieurs épisodes de dépressions pouvaient apprendre à développer cette intimité avec eux-mêmes. En leur enseignant cette méthode de méditation, inspirée des pratiques bouddhiques, il a montré qu’il était possible de réduire les rechutes de plus de 50%. C’est un résultat comparable à celui des médicaments antidépresseurs.Bien au-delà de la dépression, nous devons apprendre à développer cette bienveillante intimité avec nous-mêmes et les autres. Et il nous faut donc commencer simplement en évitant les intimidants « pourquoi » et en faisant la confiance à l’intelligence sensible qui répondra tous nos bienveillants « comment ».