lundi 16 juillet 2007

LA FAIBLESSE ENGENDRE LA BRUTALITE

Publié avec l’aimable accord de l’auteur Frédéric DUPERTOUT - 8e dan diplômé du Japon - SAIKO SHIHAN pour l’Europe - SHU SEKI pour la partie “combat réel” du SANO RYU KARATE JUTSU - KYOOSHI - Diplômé d’Etat 2e degré

Et il y a les enfants…

Que l’on s’y intéresse ou non, que l’on y porte trop ou pas assez d’intérêt, ils n’en sont pas moins installés parmi nous et vivent grâce à nous. Parfois, on pourrait même dire malgré nous.

Toutes les sociétés humaines et animales ont proposé ou expérimenté les comportements les plus variés à leur égard mais ces attitudes assez stéréotypées se résument toujours à un nombre restreint de possibilités (et leur contraire) :

» on les met au monde (et on les tue)
» on les aime (et on les déteste)

» on les protège (et on les affaiblit)

» on les rend autonomes (et on les maintient sous influences)

» on s’en protège (et on s’en rend esclaves)

Ce sont les cinq points forts qui à eux tous résument la notion d’éducation.

Toutes ces pulsions font partie des attitudes archaïques fondamentales sans lesquelles une espèce ne sauraient se maintenir en vie (leur contraire fait également partie de la programmation génétique à laquelle nous sommes soumis).

Qu’on les mette au monde, tout le monde trouve cela naturel. Ce qui l’est moins, aux yeux de l’opinion, c’est leur mise à mort. L’infanticide est considéré dans les sociétés « civilisées » comme une abomination, ce qui est évident, et comme un acte contre nature, ce qui l’est moins.

La lignée humaine a vu le jour il y a quatre millions d’années, et cette lignée dérive de lignées animales beaucoup plus anciennes… Or le monde vivant, dans sont ensemble, pratique l’infanticide. Et ce dans quatre cas précis :

1- La prédation- les petits (pas nécessairement d’une autre espèce) seront des proies plus faciles que les adultes.

2- Les petits empêche le mâle d’accéder aux faveur de la femelle car leur présences provoque un flux hormonal qui la poussera à protéger ses petits et à repousser le mâle reproducteur dont rien ne justifie la présence. Ce mâle s’efforcera donc de tuer les bébés.

3- Le femelle entourée de petits et ayant perdu la protection de son mâle aura besoin de s’attirer les faveurs d’un mâle si possible dominant (chez les grands singes et les primates en général). Elle tuera dons sa progéniture.

4- La nécessité de destruction définitive d’un groupe ou d’une famille en position de concurrence pour l’occupation d’un territoire. Dans ce cas, même s’il est trop hasardeux de s’attaquer aux parents, l’animal éliminera soigneusement tous les futurs adultes.

La pulsion de vie – et donc de plaisir est donc toujours la plus forte chez une espèce non dégénérés : si les petits la favorisent, ils vivront, sinon il faudra qu’ils meurent.

L’existence même des jeunes potentialise donc quatre dangers de morts :

» pour eux-mêmes
» pour leur mère qu’ils affaiblissent
» pour celui qui va constituer une menace
» pour celui qui servira de proie
Nous ne sommes en rien différents des animaux. Nous avons seulement quelques petites acquisitions tardives en plus. Nos attitudes et nos pulsions sont programmées de manière identique depuis des millions d’années et nous sommes donc confrontés, qu’on le veuille ou non aux même problèmes.

Pour eux-mêmes, les enfants sont un danger. Outre le fait qu’ils ont besoin d’amour, de nourriture et de toutes sortes de soins, ils sont incapables d’assurer leur propre protection et de se maintenir en vie. Mais le rôle des parents humains, qui sont capables de prévoir, sera de leur apprendre à assurer plus tard leur défense. Et il y a de quoi être scandalisé, indigné par l’attitude de ceux, trop nombreux, qui sous l’influence d’une certaine idéologie non-violente et pacifiste dont on ne connaît que trop l’origine, s’efforce de mettre leur descendance en état délibéré d’infériorité.

Pour leur mère qu’ils affaiblissent, le danger est présent aussi. Bien peut acceptent d’en prendre conscience. Point n’est besoin de se plonger dans la littérature misérabiliste pour voir les difficultés des femmes seules (veuves ou abandonnées) avec leurs enfants. Chez l’humain comme chez l’animal, il y aura un risque sérieux d’infanticide.

Les parents, dans toutes les espèces, ont une pulsion de protection qui les rend très dangereux. La chatte la plus affectueuse qui sent ses petits menacés nous sautera aux yeux. Les humains seront prêts aux pires violences comme aux pires malhonnêtetés pour mettre leurs enfants en sécurité.

Enfin, les enfants-proies ne doivent pas se borner à provoquer notre indignation distraite. Qu’au moins, ils nous fassent nous souvenir que la nature les tue autant qu’elle les protège et que Monsieur de la Palice en aurait donc conclu qu’il est naturel qu’il en soit ainsi.

Et il y a les adultes, si l’on peut dire…

Quand on voit certains adultes, on se dit qu’il ne leur manque que la parole. La parole sensée, bien sûr.

Si la violence se fait au détriment des enfants, ils en sont également les auteurs. Depuis peu, l’opinion semble abasourdie en découvrant des actes de banditisme dont se rendent coupables des gosses de 12 ans (vols à mains armée, viols, etc.) et l’on feint de croire que le phénomène est nouveau. Bien entendu qu’il n’en est rien.

Un exemple un peut ancien (XIème siècle) nous est donné par la Croisade des Enfants. Ce curieux évènement fut guidé par quelques jeunes garçons et filles de 12 à 14 ans. Le petit groupe partit au nord-est de la France pour conquérir et délivrer les Lieux Saints… A chaque village traversé, les enfants quittaient leurs parents pour se joindre à la troupe. Rapidement ils atteignirent le nombre de 4.000. Dès lors ce ne furent que meurtres, viols, pillages et destructions. A tel point qu’il fallut monter une opération militaire pour en exterminer la plupart. Les survivants réussirent à embarquer à Marseille sur deux bateaux dont l’un coula et l’autre les mena en esclavage à Alger.

Beaucoup plus près de nous, les samouraïs commençaient leurs premiers combats de guerre à 15 ans. Plus près encore (1945), le plus jeune soldat décoré par de Lattre (le général) avait 15 ans et fut tué peut après, alors que les allemands autorisaient les enfants de jeunesses Hitlériennes à s’engager dans une unité de Waffen SS qui leur était réservée. Avec d’ailleurs un règlement spécial, vu leur âge (interdiction de fumer, de boire de l’alcool, etc.). Les communistes ont franchi une étape supplémentaire : les soldats-enfants du Cambodge (parfois 8-10 ans) se sont chargés d’un génocide estimé à 3 millions de personnes. Il n’y a pas d’âge pour tuer, ni pour être tué.

Alors, horrifiés, les parents éduquent, les professeurs éduquent, la télévision éduque. Pour que les bambins soient de gentils bambins.

Cela va-t-il changer le monde et la nature humaine ? Sûrement pas. Les plus forts continueront à tuer les plus faibles. Et les plus faibles seront ceux qui auront été éduqué dans ce but.

On dit souvent que si la violence répond à la violence, cela ne finira jamais… Mais bien sûr, que cela ne finira jamais ! Seuls finiront ceux qui, naïfs, auront cru pouvoir en conclure qu’il faut se laisser faire pour qu’enfin la paix règne sur terre.

Chaque génération est la pour protéger la suivante. C’est ce que semble vouloir la Nature. Et pour ceux qui ont la vue un peut moins courte, c’est ce que semble vouloir ce qui se manifeste par la Création. Il faudrait être prétentieux pour vouloir s’y opposer.

Un jour, les enfants, ou du moins un certain nombre d’entre eux, seront des adultes. Et ceux qui n’auront pas appris à se battre et à gagner risquent d’en vouloir terriblement à leur aînés de les avoir privés des enseignements qui leur auraient permis de vivre en paix, c’est-à-dire en vainqueurs.

Et il y a les femmes…

Parmi les femmes à qui on raconte d’invraisemblables foutaises dans l’intention d’en disposer plus commodément, il y en aura toujours qui, contre toute attente, conquises d’avance et convaincues par principe, constituerons un auditoire de choix. Cette docilité présentera bien sur quelques avantages, accordés traditionnellement à ceux qui capitulent sans condition.

L’immense majorité de nos sociétés, au XXème siècle sont dites patriarcales, ce qui veut dire que les hommes, avec la complicité irréfléchie des femmes, se réservent le droit de décider. En contrepartie de quoi, les femmes échappent aux responsabilités. Ainsi, elles pourront se consacrer à des préoccupations plus riantes et qui, finalement, constituent le côté le plus agréable de la vie. Ca, c’est la version officielle.

Leur sécurité sera exclusivement l’affaire des hommes qui, c’est promis, n’y failleront point, dussent-ils se battre jusqu’à la mort, et même au-delà pour les plus courageux. Dans le cas toujours possible, où les choses tourneraient mal, les Chevaliers Blancs et autres splendides héros ne manqueraient pas de se présenter en nombre suffisant pour rétablir la situation. Par conséquent, sans hésitations ni murmures, ces demoiselles, puis ces dames voudront bien se consacrer à leur ménage, leur vaisselle et pour les plus instruites, à des lectures traitant de préférence de ces préoccupations féminines.

Voilà, à peine forcé, le tableau général. On reste confondu devant la naïveté parfois réelle de celles qui s’en font elles-mêmes les porte-parole. Beaucoup vont même au-delà, s’efforçant étourdiment de propager des doctrines non-violentes qui ne convaincront jamais, par définition, ceux qui leur porteront préjudice ainsi qu’à leurs proches. Leurs enfants en seront affaiblis et affaibliront à leur tour leur descendance. Il en a été ainsi durant des siècles, ce qui, par effet d’inertie rend presque impossible une volte-face générale.

Mais depuis quelques années, une certaine tendance à la réaction semble secouer (un peu) cette dangereuse torpeur. Parallèlement à celles qui, sottement d’efforcent de penser ( ?) que leur faiblesse les met à l’abri, d’autres paraissent assez disposées à faire face à la réalité. Il y a bien sûr celles qui pratiquent les arts martiaux, s’exposant d’ailleurs courageusement à subir les sarcasmes faciles de ceux (et celles) qui en seraient bien incapables. Celles-là constituent une sorte d’élite, un fer de lance, et j’ai beaucoup d’admiration pour celles qui préservent malgré un entourage qui leur conseille « gentiment » de rentrer dans le rang. D’autres, n’ayant ni le temps ni la force inciteront leurs enfants à pratiquer et leur rôle sera essentiel.

Pratiquer les arts martiaux, surtout pour une femme, ne signifie pas seulement un entraînement physique, mais aussi et surtout l’intégration de ces principes d’efficacité destinés à détruire l’adversité si possible avant qu’elle ne se manifeste.

On sait que la civilisation se transmue par les femmes. Du moins notre conception de la civilisation. Et on dirait que l’édifice hésite sur le côté sur lequel il va s’incliner. Si les doctrines non-violentes s’imposent dans nos civilisations, nous devrons laisser la place à d’autres qui, mieux que nous auront su donner leur chance aux forces de la Vie.

Les anciens Maîtres avaient compris que leur enseignement touchait à quelque chose de beaucoup plus profond que ce qui apparaît à la surface. Sous cette surface, accessible par les yogas, taï kan et autres techniques, se trouvent les forces qui nous gouvernent. Sur la surface se voient les résultats. Entre autres :

→ RIEN N’EST STABLE, PAS PLUS LA DEFAITE QUE LA VICTOIRE.

→ IL N’Y A PAS DE PAIX SANS VICTOIRE.

→ LA PAIX EST DANGEREUSE CAR ELLE SE FINIT SUR LA GUERRE.

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